L’histoire du Kawasaki Mojave 250 : 18 ans d’un quad sport devenu culte

InfoQuad: Official Kawasaki Mojave

Bien avant les Kawasaki KFX modernes, un petit quad sport a occupé une place particulière dans la gamme du constructeur japonais pendant près de deux décennies : le Kawasaki Mojave 250.

Commercialisé à partir de 1987, le Mojave n’avait ni la cylindrée impressionnante ni la puissance des gros quads sport qui allaient éventuellement dominer le marché. Pourtant, grâce à son moteur quatre temps, sa boîte manuelle, son gabarit relativement compact et une conception qui demeurera remarquablement stable au fil des années, le Mojave réussira quelque chose de plutôt rare dans l’industrie : demeurer au catalogue jusqu’en 2004.

Retour sur l’histoire du Kawasaki KSF250 Mojave, un quad qui aura marqué toute une génération d’amateurs de conduite sportive.

1987 : naissance du Kawasaki Mojave 250

Le Mojave 250 fait son apparition pour l’année modèle 1987, sous l’appellation KSF250-A1.

À cette époque, l’industrie du véhicule tout-terrain est en pleine transformation. Les constructeurs développent une nouvelle génération de quads à quatre roues et Kawasaki possède déjà une solide expérience dans le domaine des véhicules tout-terrain.

Le Mojave adopte une philosophie différente de celle d’une machine de compétition pure. Kawasaki propose plutôt un quad sport accessible et polyvalent, capable d’offrir une conduite amusante sur les sentiers tout en conservant des performances intéressantes.

Cette recette permettra au Mojave de traverser les années avec relativement peu de transformations fondamentales.

InfoQuad: Mojave in the sand

Un monocylindre quatre temps de 249 cm³

Au cœur du Mojave se trouve l’une des caractéristiques qui contribueront fortement à sa personnalité : son moteur.

Le KSF250 utilise un monocylindre quatre temps de 249 cm³ à double arbre à cames en tête (DOHC) et refroidissement liquide.

Son alésage et sa course sont de 74 x 58 mm, alors que son taux de compression atteint 11:1.

L’alimentation est assurée par un carburateur Keihin.

À une époque où plusieurs quads sportifs misent encore fortement sur les moteurs deux temps, le choix d’un quatre temps donne au Mojave une personnalité différente. Sa puissance est plus progressive et son comportement se prête particulièrement bien à la randonnée sportive et à l’apprentissage de la conduite d’un quad manuel.

Une véritable transmission manuelle

Le Mojave n’est pas un quad automatique.

Il utilise une transmission manuelle à cinq rapports avec marche arrière, combinée à un embrayage multidisque humide.

La puissance est ensuite transmise aux roues arrière par une chaîne.

Cette configuration contribue beaucoup au caractère sportif de la machine. Le pilote doit gérer ses rapports et son embrayage comme sur plusieurs machines sportives de l’époque.

La présence d’une marche arrière constitue toutefois un avantage appréciable pour un quad destiné également à la randonnée récréative.

Une mécanique qui évolue très peu

L’une des particularités les plus intéressantes de l’histoire du Mojave est justement son absence de révolution mécanique majeure.

Contrairement à plusieurs véhicules qui changent radicalement de génération après quelques années, Kawasaki conserve la formule du KSF250 pendant pratiquement toute sa carrière.

De 1987 à 2004, le Mojave demeure basé sur la même architecture générale.

Kawasaki apporte évidemment différentes modifications de présentation, de couleurs, de graphismes et certains ajustements au fil des millésimes, mais la philosophie fondamentale du véhicule demeure essentiellement la même.

Cette stabilité aura également un avantage plusieurs années plus tard : le Mojave bénéficie encore aujourd’hui d’un marché intéressant de pièces de remplacement et de composantes compatibles avec plusieurs années modèles.

InfoQuad: Mojave Kawasaki

Un quad sport accessible plutôt qu’une machine de course

Il est important de replacer le Mojave dans son contexte.

Ce n’était pas nécessairement le quad destiné au pilote cherchant la machine la plus radicale disponible.

Sa vocation était davantage celle d’un quad sport récréatif.

Son moteur de 249 cm³ offrait suffisamment de caractère pour s’amuser, alors que son gabarit et sa puissance demeuraient plus accessibles que ceux de certaines machines de haute performance.

Cette combinaison en fera notamment une machine intéressante pour les pilotes désirant passer à un véritable quad sport manuel sans nécessairement choisir une grosse cylindrée.

Les années 1990 : le Mojave poursuit sa route

Durant les années 1990, le marché du quad évolue énormément.

Les machines utilitaires deviennent de plus en plus importantes, tandis que les quads sport continuent d’attirer une clientèle passionnée.

Le Mojave traverse pourtant cette décennie pratiquement sans perdre son identité.

Les années modèles s’enchaînent :

1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999…

Puis le Mojave entre dans le nouveau millénaire.

Peu de quads sport peuvent se vanter d’avoir conservé une présence aussi longue au catalogue autour d’une plateforme aussi stable.

InfoQuad: Mojave in the air

Le passage à l’appellation KFX

Au début des années 2000, Kawasaki entreprend de moderniser l’identité de sa gamme de quads sport avec l’appellation KFX.

Le Mojave arrive finalement à sa dernière année modèle en 2004, où Kawasaki le répertorie sous le nom KFX250 Mojave.

Il s’agit toujours de la plateforme KSF250, identifiée comme KSF250-A18.

Ce changement de nom illustre bien la transition qui s’effectue alors dans la gamme sportive Kawasaki.

Le Mojave appartient à une génération précédente de quads, tandis que la famille KFX représente désormais l’avenir sportif de la marque.

L’arrivée d’une nouvelle génération de quads sport

Au moment où le Mojave approche de la fin de sa carrière, le marché des quads sport a énormément changé.

Les pilotes recherchent davantage de puissance, de débattement de suspension et de performances.

Kawasaki propose notamment le KFX400, apparu au début des années 2000, avec un moteur quatre temps de 398 cm³, un châssis beaucoup plus moderne et des suspensions offrant davantage de débattement.

La marque dispose également du spectaculaire KFX700 V-Force, propulsé par un bicylindre en V de 697 cm³.

Face à cette nouvelle génération, la conception du petit Mojave remontant à 1987 commence nécessairement à montrer son âge.

InfoQuad: Mojave Sport

2004 : la fin du Kawasaki Mojave

L’année modèle 2004 marque la dernière année du KFX250 Mojave.

Après environ 18 années modèles, Kawasaki met donc fin à l’une des plus longues carrières de sa gamme de quads sport.

Pourquoi?

Kawasaki ne semble pas avoir publié d’explication officielle détaillée attribuant son retrait à une seule raison.

Le contexte de l’époque fournit cependant plusieurs éléments importants.

Le marché des quads sport évolue rapidement vers des machines de plus forte cylindrée et technologiquement plus modernes. Le KFX400 occupe désormais une position beaucoup plus contemporaine dans la catégorie sportive Kawasaki, tandis que le KFX700 s’adresse aux amateurs recherchant beaucoup plus de puissance.

Dans ce contexte, maintenir au catalogue une plateforme de 250 cm³ dont la conception remontait à la fin des années 1980 devenait de plus en plus difficile à justifier.

Il est donc plus juste de parler d’une évolution de la gamme et du marché que d’attribuer la disparition du Mojave à une cause précise non confirmée par Kawasaki.

Fiche technique du Kawasaki Mojave 250

Moteur : monocylindre quatre temps
Cylindrée : 249 cm³
Distribution : DOHC
Refroidissement : liquide
Alésage x course : 74 x 58 mm
Taux de compression : 11:1
Alimentation : carburateur Keihin
Transmission : manuelle à cinq rapports avec marche arrière
Embrayage : multidisque humide
Transmission finale : chaîne
Capacité du réservoir : environ 8,3 litres
Poids à sec : environ 165 kg

Certaines caractéristiques et certains équipements peuvent varier selon l’année modèle et le marché.

Pourquoi le Mojave demeure-t-il intéressant aujourd’hui?

Plus de 20 ans après la fin de sa production, le Kawasaki Mojave continue de susciter de l’intérêt chez les amateurs de vieux quads.

Sa longévité commerciale constitue déjà une partie importante de son attrait.

Mais sa mécanique relativement simple, son moteur quatre temps, sa transmission manuelle et son caractère sportif en font également une machine intéressante à restaurer.

La disponibilité de plusieurs pièces d’entretien et de remplacement contribue aussi à maintenir certains exemplaires en circulation.

Et puis, il y a la nostalgie.

Pour plusieurs amateurs de quad ayant découvert ce sport dans les années 1980, 1990 ou au début des années 2000, le Mojave représente une époque où un quad sport de 250 cm³ pouvait procurer énormément de plaisir sans avoir besoin de développer une puissance spectaculaire.

Une carrière remarquable pour le Kawasaki Mojave

De 1987 à 2004, le Kawasaki Mojave aura réussi à traverser près de deux décennies dans une industrie pourtant reconnue pour évoluer rapidement.

Sa formule était relativement simple : un monocylindre quatre temps de 249 cm³, une véritable transmission manuelle, un châssis sportif et suffisamment de polyvalence pour passer de nombreuses heures dans les sentiers.

Le Mojave n’a peut-être jamais été le quad le plus puissant de sa génération.

Mais ce n’était pas nécessairement son objectif.

Il proposait plutôt une porte d’entrée accessible vers la conduite sportive et manuelle, avec une mécanique suffisamment éprouvée pour permettre à Kawasaki de la conserver au catalogue pendant 18 années modèles.

Aujourd’hui, alors que les quads sport modernes ont atteint des niveaux de puissance et de sophistication inimaginables en 1987, le Kawasaki Mojave 250 demeure un témoin fascinant d’une autre époque du quad.

Et c’est précisément ce qui contribue aujourd’hui à son statut de petit classique auprès des passionnés.